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Kais Saied

Kais Saied… Le Conservateur Masqué

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Une surprise au niveau du paysage politique tunisien s’est explosée, la nuit du dimanche 15 septembre 2019, que la majorité non seulement des tunisiens mais aussi des politiciens n’oublieront, Kais Saied le candidat indépendant à la présidentielle passe au second tour en tête… Un résultat inattendu qui a cassé les baraques.

Sans parti politique, ni machine électorale structurée, Saied a créé la surprise en remportant le premier tour de l’élection présidentielle en Tunisie. 
Prenant nettement position sur une ligne de clivage essentielle, celle de l’anti-système, l’identité, et l’anti-corruption, il est parvenu à imposer son engagement sans équivoque, sa droiture, son intégrité plus que sa propre compétence, en critère fondamental de choix des électeurs.

Mais avant tout… Qui est cet homme inconnu qui a pu écraser ses rivaux et leurs campagnes opportunistes..?

Kais Saied est né le 22 février 1958 à Tunis. Après l’obtention d’un diplôme d’études approfondies en Droit international public de la Faculté de Droit et des sciences politiques de Tunis, d’un diplôme de l’Académie internationale du Droit constitutionnel et d’un diplôme de l’institut international de Droit humain à Saint-Rémo en Italie, il commence son professorat à la Faculté de Droit et des sciences économiques et politiques de Sousse en 1986. Il a ensuite enseigné à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis en 1999.

Parallèlement, il est Directeur du département de Droit public à la Faculté de Droit et des sciences économiques et politiques de Sousse de 1994 à 1999.
Membre du groupe d’experts du secrétariat général de la Ligue arabe entre 1989 et 1990 et expert auprès de l’Institut arabe des droits de l’homme de 1993 à 1995, il a aussi occupé les postes de Secrétaire général et de vice-président de l’association tunisienne du Droit constitutionnel de 1990 jusqu’à 1995.

Il est aussi membre du conseil scientifique et du conseil de la direction de l’Académie internationale du Droit constitutionnel depuis 1997 et président du centre de Tunis du Droit constitutionnel pour la démocratie.
Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles traitant du Droit constitutionnel.

Après la révolution de 2011, il a été membre du comité d’experts chargé de réviser le projet de la nouvelle constitution.

Kais Saied est aujourd’hui assistant à la Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis.

Candidat pas comme les autres, Kais Saied est très connu par son utilisation excessive de la langue arabe littéraire dans ses discours, sa voix aigue,et sa façon de parler qui lui a transformé dans les yeux de certaines personnes comme un robot ou comme je le pense personnellement comme “Robocop”.

Hyper conservateur, Saied a indiqué auparavant à travers ses déclarations qu’il est contre l’égalité en héritage, touchant à un principe dicté par le Coran, selon lequel une femme hérite le plus souvent moitié moins qu’un homme du même degré de parenté.

Il n’accepte pas les homosexuels, qui sont pour lui “payés ou contrôlés par des lobbies pour gâcher les musulmans”. Des propos controversés qui vont à l’encontre d’un homme universitaire en droits et ayant un certain niveau d’intellectuel.

En outre, si on le compare par rapport aux autres candidats, on trouve qu’il est l’un des plus conservateurs, contre l’abrogation des textes punissant l’homosexualité et les atteintes à la pudeur, et contre l’abolition de la peine de mort.

Pas trop féministe, selon l’institut “Sigma Conseil”, il a obtenu les voix de 22% des femmes contre 20,4 % pour Nabil Karoui , son rival au second tour, quant aux hommes ils ont éparpillé leurs voix. 
Un choix qui peut paraître paradoxal tant le candidat affiche des positions si conservatrices qu’elles ont amené la militante des droits humains Bochra Belhaj Hmida à le qualifier de “salafiste”. Il s’est notamment prononcé rigoureusement contre l’égalité femmes-hommes en matière d’héritage, conformément à l’interprétation de la loi religieuse.

Sans directeur de campagne et sans parti politique derrière lui, Kais Saied se présente seul en élaborant son programme et se dressant contre et envers tous en ayant l’idée de bousculer les bases de la politique tunisienne actuelle. Bref, il est devenu une sorte de phénomène.

Supporté par beaucoup de tunisiens, Saied semble s’avancer vers Carthage, même s’il n’est pas moderniste, le reste c’est le 2ème round face à Nabil Karoui le “Berlusconi tunisien”… Populiste VS Salafiste…  

Kabil EL OUERGHEMMI